En bref — Pour qu'un Algérien travaille comme salarié en France, il faut souvent une autorisation de travail. Point clé : ce n'est pas vous qui la demandez, c'est votre employeur. Depuis le 6 avril, il la demande 100 % en ligne, sur le portail dédié aux démarches des étrangers. Bonne nouvelle : certains titres valent déjà autorisation de travailler — c'est le cas du certificat de résidence de 10 ans, qui permet d'exercer le métier de votre choix. On vous explique qui doit faire quoi, et quand. ✓ Vérifié le 26/05/2026 · Sources : Service-Public.fr, ministère de l'Intérieur, Légifrance.
« Est-ce que j'ai le droit de travailler ? » C'est l'une des premières questions quand on s'installe en France. La réponse dépend de votre titre de séjour et d'un document : l'autorisation de travail. On vous explique ce que c'est, qui la demande, et les cas où vous n'en avez même pas besoin.
C'est quoi, une autorisation de travail ?
L'autorisation de travail est un feu vert de l'administration française. Elle dit qu'un employeur a le droit de vous embaucher comme salarié, alors que vous êtes étranger.
En clair : un employeur qui veut recruter un salarié non européen (hors Union européenne, hors Espace économique européen et Suisse) doit d'abord obtenir ce feu vert. C'est une étape préalable à l'embauche.
⚠️ Mais attention : tout le monde n'en a pas besoin. Si votre titre de séjour vous autorise déjà à travailler librement, l'employeur n'a pas à redemander une autorisation à chaque embauche (voir plus bas la section sur le certificat de 10 ans). Tout dépend de votre situation.
✓ Définition et principe de l'autorisation préalable confirmés le 26/05/2026 (Service-Public F2728/F3100, ministère de l'Intérieur).
Le point clé : c'est l'EMPLOYEUR qui la demande
Voilà ce que beaucoup ignorent, et qui fait perdre du temps. Vous ne demandez pas vous-même l'autorisation de travail. C'est votre futur employeur qui s'en charge.
Pourquoi ? Parce que l'autorisation est liée à un poste précis, dans une entreprise précise. C'est donc l'entreprise qui connaît les informations à fournir (le contrat, le salaire, la nature du poste).
Exemple : Yacine, algérien, est embauché par une PME à Lille. Ce n'est pas Yacine qui remplit le dossier d'autorisation de travail : c'est son employeur, la PME, qui dépose la demande. Yacine, lui, fournit ses papiers et signe son contrat.
✓ Demande faite par l'employeur confirmée le 26/05/2026 (Service-Public R58908, ministère de l'Intérieur).
La procédure, étape par étape (côté employeur)
Depuis le 6 avril, la démarche est entièrement en ligne. Voici le déroulé.
- L'employeur se connecte au portail des étrangers en France (etrangers-en-france.interieur.gouv.fr).
- Il choisit la demande d'autorisation de travail correspondant au type de contrat : CDI (titre « salarié »), CDD (titre « travailleur temporaire »), emploi saisonnier, ou cas particulier (par exemple un étudiant qui veut travailler au-delà de la limite autorisée par son titre).
- Il remplit le formulaire et téléverse les pièces (contrat ou promesse d'embauche, informations sur l'entreprise et le poste).
- Il reçoit une confirmation du dépôt par e-mail.
- L'administration étudie la demande.
- Si l'avis est favorable, l'employeur et vous recevez l'autorisation de travail sécurisée par e-mail.
⚠️ Plus besoin de se déplacer : la démarche qui passait avant par un dépôt physique se fait désormais uniquement sur le portail. Méfiez-vous de tout site qui prétend le contraire.
✓ Procédure 100 % en ligne (depuis le 6 avril), confirmation puis autorisation par e-mail — confirmé le 26/05/2026 (ministère de l'Intérieur, Service-Public R58908).
Les critères : sur quoi l'administration décide
L'autorisation n'est pas donnée automatiquement. Elle est accordée si la demande remplit plusieurs conditions cumulatives (c'est-à-dire toutes en même temps). Parmi les éléments examinés :
- ✓ La réalité et le sérieux de l'emploi proposé (un vrai poste, une vraie entreprise).
- ✓ Le respect du droit du travail par l'employeur (déclarations, règles de la profession…).
- ✓ Un niveau de salaire minimum dans certains cas.
- ✓ La cohérence entre le poste, les compétences et, selon les cas, le titre demandé.
⚠️ Sur le salaire : il existe, dans certaines situations, un seuil de rémunération minimum à respecter. Ce seuil est lié au salaire minimum (le SMIC) et change régulièrement. On évite donc de citer un chiffre figé ici : il se vérifie sur le portail officiel au moment de la demande.
Bon à savoir pour les Algériens : l'accord de 1968 prévoit que, pour les jeunes travailleurs algériens recrutés par une entreprise en France, la « situation de l'emploi » (vérifier qu'aucun demandeur d'emploi local ne pourrait prendre le poste) n'est en principe pas opposée. C'est un point favorable, mais qui dépend de votre cas : vérifiez avec la préfecture.
✓ Conditions cumulatives, dont un seuil de salaire variable, et non-opposabilité de principe de la situation de l'emploi pour les jeunes travailleurs algériens — confirmés le 26/05/2026 (Service-Public F3100, ministère de l'Intérieur). Le seuil exact dépend du cas et de la date.
Les cas où vous n'avez PAS besoin d'autorisation séparée
C'est la partie qui rassure. Certains titres de séjour valent déjà autorisation de travailler. Dans ce cas, votre employeur n'a pas à demander une autorisation à part.
- ✓ Le certificat de résidence de 10 ans (pour Algérien) permet d'exercer la profession de votre choix. Avec lui, vous changez d'emploi librement, sans nouvelle autorisation à chaque fois. C'est l'un de ses grands avantages, prévu par l'accord de 1968.
- ✓ Le certificat de résidence « vie privée et familiale » ouvre, dans la plupart des cas, le droit de travailler (vérifiez la mention de votre titre).
À l'inverse, un certificat « étudiant » ne permet de travailler qu'à temps partiel. Pour un emploi à plein temps, il faut une autorisation de travail (et souvent un changement de statut vers « salarié » — on a un guide dédié, voir plus bas).
Le bon réflexe : regardez la mention inscrite sur votre certificat de résidence. C'est elle qui dit ce que vous avez le droit de faire. En cas de doute, demandez à votre préfecture.
✓ Le certificat de 10 ans permet d'exercer la profession de son choix (vaut autorisation) confirmé le 26/05/2026 (Service-Public F2257, accord 1968). Les droits liés à chaque mention dépendent de votre titre.
Pièges et arnaques à éviter
- ⚠️ Croire que vous demandez vous-même l'autorisation. Non : c'est votre employeur, en ligne. Si vous l'ignorez, l'embauche traîne.
- ⚠️ Les faux sites qui « vendent » une autorisation de travail. La demande officielle passe par le portail des étrangers et est gratuite (la procédure peut comporter une taxe officielle à régler par l'employeur, jamais un « forfait » à un intermédiaire privé). N'ouvrez que les adresses en .gouv.fr.
- ⚠️ Travailler sans autorisation « en attendant ». C'est risqué pour vous et pour l'employeur (sanctions). Attendez le feu vert.
- ⚠️ Confondre les règles algériennes et celles des autres étrangers. Vous relevez de l'accord de 1968. Vérifiez toujours que l'info vise les Algériens.
✓ Vérifié le 26/05/2026.
Questions fréquentes
Qui demande l'autorisation de travail ? C'est l'employeur, pas le salarié. Depuis le 6 avril, il la demande en ligne sur le portail des étrangers en France. Vous recevez ensuite l'autorisation par e-mail si elle est accordée.
J'ai un certificat de résidence de 10 ans. Mon futur employeur doit-il demander une autorisation ? Non, en principe. Le certificat de 10 ans permet d'exercer la profession de votre choix : il vaut déjà autorisation de travailler. Vous pouvez changer d'emploi sans nouvelle démarche. (Vérifié le 26/05/2026 ; Service-Public F2257.)
Et avec un certificat « étudiant » ? Il ne permet de travailler qu'à temps partiel. Pour un emploi à plein temps, il faut une autorisation de travail, et le plus souvent un changement de statut vers « salarié ».
Combien de temps prend la demande ? Le délai varie selon les dossiers et la période. L'employeur reçoit une confirmation de dépôt par e-mail, puis l'autorisation (ou un refus) ensuite. Mieux vaut anticiper avant la date d'embauche prévue.
Y a-t-il un salaire minimum à respecter ? Oui, dans certains cas, un niveau de rémunération minimum s'applique. Ce seuil est lié au salaire minimum et change régulièrement. Votre employeur le vérifie sur le portail officiel au moment de la demande.
Mon employeur ne connaît pas la procédure. Que faire ? Donnez-lui l'adresse du portail des étrangers en France (etrangers-en-france.interieur.gouv.fr) et expliquez-lui que la démarche se fait en ligne. Sans cette autorisation, votre embauche comme salarié ne peut pas se faire.
Cette autorisation remplace-t-elle mon titre de séjour ? Non. L'autorisation de travail concerne le droit de travailler à un poste. Votre droit de séjour dépend de votre certificat de résidence. Les deux vont ensemble mais ne sont pas la même chose.
Sources officielles
- Service-Public.fr (service-public.gouv.fr) : fiches F2728 et F3100 (autorisation de travail d'un salarié étranger : conditions, délivrance), fiche R58908 (demande en ligne par l'employeur), fiche F2257 (certificat de résidence de 10 ans pour Algérien, qui permet d'exercer la profession de son choix).
- Ministère de l'Intérieur : etrangers-en-france.interieur.gouv.fr (demande d'autorisation de travail 100 % en ligne depuis le 6 avril) ; immigration.interieur.gouv.fr (accord franco-algérien, règles propres aux Algériens).
- Légifrance (legifrance.gouv.fr) : texte de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié — la base légale du travail et du séjour des Algériens.
Dernière vérification : 26/05/2026. Les seuils de salaire, les écrans du portail et les règles d'emploi des étrangers évoluent régulièrement. Pour votre cas précis, fiez-vous à Service-Public.fr et à votre préfecture, ou consultez un avocat en droit des étrangers si votre situation est complexe.
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— La rédaction Bledz