L'essentiel — Vos loyers perçus en Algérie sont imposés en Algérie, même si vous vivez en France. L'impôt s'appelle l'IRG (Impôt sur le Revenu Global). Il tourne généralement autour de 7 % à 15 % des loyers selon le type de bien (à confirmer auprès de la DGI, les impôts algériens). Vous devez aussi mentionner ces loyers en France, sans payer deux fois. Vérifié le 2026-10-03.
Pas de panique : le principe est simple. On vous explique qui paie, combien, quand, et comment éviter les pénalités. Pour la mise en location elle-même (bail, procuration, gestion à distance), suivez notre guide Louer et gérer son bien en Algérie.
Qui est concerné, et combien ça coûte
Vous êtes concerné si vous louez un appartement, une maison, un local ou un terrain en Algérie. Cela vaut même si vous habitez à l'étranger : selon la page de la DGI sur les revenus fonciers, les loyers d'un bien situé en Algérie relèvent de l'IRG « revenus fonciers » (= revenus tirés d'un bien loué).
Ce qu'il vous faut : un bail en règle, un NIF (Numéro d'Identification Fiscale) et une personne de confiance sur place si vous ne pouvez pas vous déplacer.
Combien ça coûte : l'impôt se calcule généralement sur le loyer brut, sans déduire vos charges. Les repères ci-dessous sont indicatifs. Ils viennent du Code des impôts directs tel que présenté par la DGI, et sont à vérifier avant tout paiement.
| Type de bien loué | Taux indicatif de l'IRG |
|---|---|
| Appartement dans un immeuble (habitation collective) | environ 7 % des loyers, selon la DGI |
| Maison individuelle | environ 10 %, selon la DGI |
| Local commercial ou professionnel | environ 15 %, selon la DGI |
| Terrain non bâti | environ 15 %, à confirmer auprès de la DGI |
⚠️ Ces taux visent généralement les loyers jusqu'à environ 600 000 DA (dinars algériens) par an. Au-delà, le calcul peut changer, selon la DGI : faites-vous confirmer votre cas par votre centre des impôts.
Exemple : Nadia vit à Marseille et loue son appartement d'Oran environ 40 000 DA par mois. À un taux d'environ 7 %, son impôt serait de l'ordre de 2 800 DA par mois (calcul indicatif, à confirmer auprès de la DGI).
⚠️ Les règles peuvent bouger chaque année. Une loi de finances peut modifier un taux, un seuil ou un délai. Avant de payer, vérifiez que la loi de finances 2026, publiée au Journal officiel algérien, n'a pas changé ces repères.
Qui déclare et qui paie : vous ou votre mandataire ?
C'est généralement le propriétaire qui doit l'impôt, pas le locataire. Si vous vivez à l'étranger, un mandataire (= la personne à qui vous donnez une procuration) peut déposer la déclaration et payer à votre place. Mais l'impôt reste à votre nom. En cas d'oubli, c'est vous que l'administration relance.
Les étapes, dans l'ordre
- Obtenez votre NIF. Sans lui, pas de déclaration possible. La marche à suivre est dans notre guide NIF : obtenir son numéro fiscal depuis l'étranger.
- Faites un bail écrit et enregistré. Il prouve le montant du loyer. En Algérie, il est souvent établi chez un notaire.
- Déclarez les loyers encaissés. Selon la DGI, cela se fait sur un formulaire spécial, la « série G n°51 », déposé à la recette des impôts du lieu où se trouve le bien (à confirmer auprès de votre centre des impôts).
- Payez l'impôt en même temps et gardez la quittance (= le reçu de paiement).
- Vérifiez si la déclaration annuelle G n°1 vous concerne. C'est la déclaration de l'ensemble des revenus de l'année. Selon votre situation, notamment si vos loyers dépassent environ 600 000 DA par an, elle peut vous être demandée (à vérifier auprès de la DGI).
- Déclarez aussi ces loyers en France (voir plus bas).
Pièces à fournir
- Votre NIF.
- Le bail signé et enregistré.
- Une pièce d'identité (passeport ou carte nationale).
- La procuration, si un proche agit pour vous.
- Le formulaire de déclaration rempli (modèle à vérifier sur mfdgi.gov.dz).
- Les quittances des paiements précédents.
Coût et délais
- Délai pour déclarer et payer : généralement au plus tard le 20 du mois qui suit l'encaissement du loyer, selon la DGI. Ce délai a déjà changé par le passé : à confirmer auprès de votre recette des impôts.
- Déclaration annuelle G n°1 : généralement à déposer avant le 30 avril, selon la DGI (à confirmer).
- Frais de dépôt : sans frais annoncés (à confirmer auprès de la DGI). Seul l'impôt est à payer.
- Pénalités : un retard entraîne des majorations. Selon les cas, elles peuvent aller d'environ 10 % à 25 % de l'impôt dû, voire davantage si l'administration juge qu'il y a eu dissimulation (à vérifier auprès de la DGI).
Pièges et erreurs fréquentes
- ⚠️ Louer « entre cousins », sans bail ni déclaration. Le jour où vous vendez le bien ou réglez une succession, l'absence de papiers peut vous coûter cher.
- ⚠️ Croire que la procuration vous décharge. Demandez à votre mandataire une copie de chaque quittance.
- ⚠️ Confondre les deux déclarations. La G n°51 suit chaque encaissement de loyer. La G n°1 est annuelle. Faites-vous préciser les deux, selon votre cas, au centre des impôts.
- ⚠️ Payer un intermédiaire pour « régulariser ». Personne ne peut vous vendre une remise d'impôt. On paie généralement à la recette des impôts, contre une quittance.
- ⚠️ Les faux sites. Les sites de l'administration algérienne se terminent généralement par « .gov.dz ». Ne donnez ni NIF ni coordonnées bancaires sur une autre adresse.
- ⚠️ Oublier la France. Un impôt payé en Algérie ne vous dispense pas de mentionner ces loyers dans votre déclaration française.
Et côté français ?
Si vous êtes résident fiscal en France, vous déclarez vos revenus du monde entier. Mais vous ne payez pas deux fois. Selon la convention fiscale franco-algérienne, signée le 17 octobre 1999 selon impots.gouv.fr, les loyers d'un bien sont imposés dans le pays où il se trouve. La France en tient ensuite compte par un crédit d'impôt (= une somme retirée de votre impôt français), selon les modalités à confirmer auprès de votre service des impôts.
En pratique, ces loyers se reportent généralement sur les formulaires n° 2047 et n° 2042, selon impots.gouv.fr. Le détail est dans notre guide Convention fiscale France-Algérie.
FAQ
Je ne vis pas en Algérie. Dois-je quand même payer l'IRG ? Oui, en principe. Selon la DGI, c'est le lieu du bien qui compte, pas votre lieu de vie.
Mon locataire peut-il payer l'impôt à ma place ? Généralement non : l'impôt est dû par le propriétaire. Un mandataire peut en revanche payer en votre nom.
Puis-je déduire mes travaux ou mes charges ? Le calcul porte généralement sur le loyer brut, sans déduction. À confirmer auprès de la DGI selon votre type de bien.
J'ai des années de loyers non déclarés. Que faire ? Présentez-vous (ou envoyez votre mandataire) au centre des impôts du lieu du bien. Une régularisation spontanée est souvent mieux traitée qu'un contrôle. Pour un cas complexe, consultez un comptable ou un conseil fiscal en Algérie.
Vais-je payer deux fois, en Algérie et en France ? Non, en principe : la convention fiscale est faite pour l'éviter. Gardez vos quittances algériennes comme preuve.
Sources officielles
- Direction Générale des Impôts (DGI) — IRG, revenus fonciers des biens loués (Code des impôts directs et taxes assimilées).
- Journal officiel de la République algérienne — Loi de finances 2026.
- Impots.gouv.fr — Convention fiscale franco-algérienne du 17 octobre 1999.
Bledz ne remplace pas un conseil fiscal personnalisé. Pour votre situation précise, adressez-vous à la DGI, à votre service des impôts en France ou à un professionnel.
Dernière vérification : 03/10/2026
La rédaction Bledz