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Transférer des devises pour investir et rapatrier ses bénéfices d'Algérie

Si vous investissez en Algérie en apportant des euros (et non des dinars), la règle est plutôt favorable : un investissement financé en devises ouvre droit, en principe, à une…

Vérifié le 26 mai 2026 13 min de lecture La rédaction Bledz

En bref — Si vous investissez en Algérie en apportant des euros (et non des dinars), la règle est plutôt favorable : un investissement financé en devises ouvre droit, en principe, à une garantie de transfert de vos bénéfices et du produit de la vente vers l'étranger — à condition de pouvoir prouver que vous avez bien fait entrer ces devises au départ. À l'inverse, sortir librement des dinars d'Algérie (votre épargne locale, l'argent d'une vente en dinars) est très restreint. La règle d'or : gardez toutes les preuves bancaires de l'argent que vous faites entrer, et passez uniquement par les banques (jamais par le marché parallèle). ✓ Vérifié le 26/05/2026 · Sources : Banque d'Algérie, AAPI, CNRC, Direction Générale des Impôts.

Vous voulez investir au pays — un hôtel, une entreprise, un commerce — et vous vous posez la vraie question, celle de l'argent : « Comment j'apporte mes fonds ? Et surtout, pourrai-je un jour récupérer mes bénéfices en France ? » C'est une excellente question, et elle est trop souvent mal comprise. On vous explique tout, simplement. Attention : ce guide parle de l'argent de l'investissement, pas de l'argent que vous envoyez à votre famille (pour cela, voir notre guide « Envoyer de l'argent en Algérie »).


La règle à retenir avant tout : devises ≠ dinars

C'est LE point que presque tout le monde confond. Prenez 30 secondes pour bien le comprendre, il change tout.

  • Faire entrer des devises (euros) pour investir = plutôt encouragé, et cela vous ouvre des droits de transfert pour la suite.
  • Faire sortir des dinars d'Algérie = très limité par la loi. Le dinar n'est pas librement convertible : vous ne pouvez pas, en règle générale, transformer librement vos dinars en euros pour les envoyer dehors.

En clair : l'Algérie veut attirer des devises et retenir les dinars. Donc l'argent que vous faites ENTRER en euros peut, sous conditions, ressortir (vos bénéfices). Mais l'argent qui est DÉJÀ en dinars sur place a beaucoup de mal à sortir.

Exemple : Sofiane vit à Marseille. Il apporte 100 000 € depuis la France pour monter sa société à Oran. → Ces euros sont tracés par sa banque algérienne. Plus tard, les bénéfices de cette société pourront, en principe, être transférés vers la France. C'est tout l'intérêt de financer en devises.


Étape 1 — Apporter vos devises proprement (et les tracer)

Tout repose sur une idée simple : prouver l'origine étrangère de votre argent. Sans cette preuve, le transfert de vos futurs bénéfices devient difficile, voire impossible. Voici comment faire les choses dans les règles.

  1. Créez d'abord votre société au CNRC (Centre National du Registre du Commerce), ou montez votre projet d'investissement (voir nos guides dédiés). C'est le contenant qui va recevoir vos fonds.
  2. Ouvrez un compte en devises au nom de la société (ou un compte adapté à l'investissement étranger) dans une banque algérienne. Selon les cas, ce type de compte sert à recevoir l'apport en devises.
  3. Virez vos euros depuis l'étranger vers ce compte, par le circuit bancaire officiel (virement de banque à banque). Surtout pas en liquide non déclaré, surtout pas par le marché parallèle.
  4. Conservez précieusement toutes les preuves : l'ordre de virement, l'avis de réception de la banque algérienne, l'attestation d'importation des devises. Ce sont vos garanties pour plus tard.

À retenir : la preuve de l'importation initiale des devises est la clé qui ouvrira, le jour venu, le transfert de vos bénéfices vers l'étranger. Ne la perdez jamais. Classez ces documents comme vous classez un acte de propriété.

⚠️ Le nom exact du compte (compte devises, compte INR « Intérieurs Non Résidents » ou autre), les pièces et la procédure dépendent de votre banque et de votre situation. Faites-vous confirmer le bon montage par votre banque algérienne et, idéalement, un comptable.


Étape 2 — La garantie de transfert des bénéfices

C'est la bonne nouvelle, et la raison principale pour laquelle on investit en devises.

D'après le cadre de la Banque d'Algérie et de la loi sur l'investissement, lorsque l'investissement est financé par un apport en devises, les produits qui en découlent peuvent en principe être transférés à l'étranger. Cela vise notamment :

  • ✓ les dividendes (votre part des bénéfices de la société) et les bénéfices ;
  • ✓ les jetons de présence et rémunérations des dirigeants étrangers ;
  • ✓ le produit net de la cession (ce que vous touchez si vous revendez votre investissement) ;
  • ✓ le boni de liquidation (ce qui reste si vous fermez la société).

Le mécanisme : ce sont les banques et intermédiaires agréés (les banques autorisées à traiter les opérations avec l'étranger) qui exécutent le transfert, sur présentation des justificatifs (preuve de l'apport initial en devises, comptes de la société, justificatifs fiscaux).

En clair : vous avez fait entrer 100 000 € → vous avez la preuve → vos bénéfices peuvent en principe ressortir, via votre banque, sur justificatifs. C'est ça, la « garantie de transfert ».

⚠️ « En principe » : ce droit s'applique dans un cadre précis et sur justificatifs. Pour les activités dites « mixtes » ou certains montages, une autorisation préalable de la Banque d'Algérie peut être requise. Ne tenez rien pour acquis : faites valider votre situation, par écrit, par votre banque et un conseil (comptable/juriste) avant d'investir. C'est un sujet d'argent : on vérifie avant, pas après.


Étape 3 — La fiscalité avant le transfert (les dividendes)

Avant de transférer vos bénéfices, l'impôt passe d'abord. C'est normal et il faut l'anticiper dans vos calculs.

  • Les dividendes distribués (la part des bénéfices que la société vous verse) sont soumis à une retenue à la source : la société prélève l'impôt au moment du versement, avant de vous remettre le reste.
  • Le taux de cette retenue peut évoluer (la tendance 2026 va plutôt vers une baisse pour encourager l'investissement). Nous ne citons volontairement aucun pourcentage figé ici, car ce chiffre change : faites confirmer le taux à jour par la Direction Générale des Impôts (DGI) ou votre comptable.
  • Pensez aussi aux conventions fiscales entre l'Algérie et votre pays de résidence (la France, par exemple), qui servent à éviter d'être imposé deux fois sur le même revenu. Un comptable saura les appliquer.

À retenir : ce qui est transférable, c'est le bénéfice après impôt. Intégrez la fiscalité dès votre plan de financement pour éviter les mauvaises surprises.


Pourquoi on ne peut PAS sortir librement des dinars

C'est la frustration n°1 de beaucoup d'investisseurs et d'épargnants. Soyons clairs et honnêtes.

  • Le dinar algérien n'est pas librement convertible. Vous ne pouvez pas, en règle générale, changer librement vos dinars en euros pour les envoyer hors d'Algérie.
  • Conséquence directe : si vous avez de l'épargne en dinars sur place, ou si vous vendez un bien et êtes payé en dinars, faire sortir cet argent du pays est très restreint.
  • C'est exactement l'inverse de l'argent que vous faites entrer en devises (qui, lui, garde un droit de retour).

Exemple : Nadia hérite d'un appartement à Alger et le vend 200 000 € en dinars. Elle ne peut pas simplement convertir ces dinars et les virer en France. La réglementation des changes l'en empêche. (C'est différent d'un investissement qu'elle aurait financé en euros au départ.)

⚠️ C'est pourquoi la manière dont vous faites entrer l'argent au début est décisive. Devises tracées = porte de sortie possible. Dinars accumulés sur place = porte quasi fermée.


Ce guide n'est PAS celui de l'argent familial

Ne confondez pas deux situations très différentes :

  • Ce guide parle de l'argent de l'investissement : vous apportez des devises pour financer un projet, et vous voulez pouvoir récupérer vos bénéfices. Cela passe par votre société et votre banque, avec des justificatifs.
  • Envoyer de l'argent à votre famille (aider vos parents, payer des dépenses du quotidien au pays) est autre chose : montants plus petits, services de transfert, pas de logique de société ni de rapatriement de bénéfices. → Voir notre guide « Envoyer de l'argent en Algérie ».

En clair : investissement = on pense « retour des bénéfices, preuves, banque ». Soutien familial = on pense « envoi simple, rapide, sécurisé ». Deux mondes, deux guides.


La déclaration des devises à la frontière (art. 129 LF 2026)

Quand vous voyagez avec de l'argent liquide entre la France et l'Algérie, une règle est entrée en vigueur. Elle vous concerne directement.

  • D'après l'article 129 de la Loi de Finances 2026, vous devez déclarer les devises que vous transportez dès que le montant dépasse 1000 €, à l'entrée comme à la sortie du territoire.
  • À la sortie, un justificatif bancaire de change peut vous être demandé (la preuve, par votre banque, de l'origine des devises que vous emportez).
  • Concrètement : ne franchissez jamais la frontière avec une grosse somme en liquide sans la déclarer. Une somme non déclarée peut être saisie et vous exposer à des sanctions.

À retenir : pour un investissement, privilégiez de toute façon le virement bancaire (tracé, prouvé) plutôt que le transport de liquide. C'est plus sûr, et c'est cette traçabilité qui protège vos droits de transfert.

⚠️ Cette règle vise à lutter contre le marché parallèle. Pour les détails et seuils à jour, voyez aussi notre guide « La douane en Algérie pour les voyageurs ».


Anti-arnaque : fuyez le marché parallèle pour investir

Sur le change, le « Square » (le marché parallèle, ce marché informel où l'euro s'échange beaucoup plus cher) attire car le taux y est bien meilleur. Mais pour un investissement, c'est un piège.

À titre indicatif (taux non live, mai 2026) : l'euro vaut environ 155 DA au taux officiel de la Banque d'Algérie, contre environ 277-280 DA au marché parallèle. L'écart est énorme — et c'est précisément ce qui rend le piège tentant.

⚠️ Pourquoi c'est un piège pour un investisseur :

  • L'argent changé au marché parallèle n'est PAS tracé par une banque. Résultat : vous perdez la preuve d'importation des devises, donc vous perdez votre garantie de transfert des bénéfices. Vous gagnez quelques dinars aujourd'hui et vous fermez la porte de sortie de vos profits demain.
  • C'est illégal et désormais plus surveillé (justificatif de change exigé à la sortie, art. 129 LF 2026).
  • Les faux bureaux de change et intermédiaires « qui font tout » sont un classique de l'arnaque : faux taux, fausses promesses de transfert, argent qui disparaît.

Notre conseil : pour investir, toujours par la banque. Le surcoût du taux officiel est le prix de la sécurité et de votre droit à rapatrier vos bénéfices. C'est un calcul gagnant sur la durée.


Questions fréquentes

Si j'investis en euros, pourrai-je vraiment récupérer mes bénéfices en France ? En principe oui, c'est le grand avantage d'investir en devises. Un investissement financé par un apport en devises ouvre droit, sous conditions, au transfert des bénéfices et du produit de cession, via votre banque et sur justificatifs. La condition essentielle : prouver l'importation initiale des devises. Faites valider votre cas précis par votre banque et un comptable avant d'investir.

Quel est le document le plus important à conserver ? La preuve que vous avez fait entrer vos devises par le circuit bancaire (ordre de virement, attestation d'importation des devises de votre banque algérienne). C'est cette preuve qui ouvrira le transfert de vos bénéfices. Conservez-la comme un acte de propriété.

Puis-je vendre mon appartement en Algérie et envoyer l'argent en France ? Si la vente est payée en dinars, c'est très restreint : le dinar n'est pas librement convertible et sortir des dinars du pays est très limité. La situation est différente si l'achat avait été financé en devises tracées. Renseignez-vous auprès de votre banque et d'un notaire pour votre cas précis.

Combien d'argent liquide puis-je transporter à la frontière ? Selon l'article 129 de la Loi de Finances 2026, vous devez déclarer les devises au-delà de 1000 €, à l'entrée comme à la sortie, et un justificatif bancaire de change peut être exigé à la sortie. Pour investir, préférez de toute façon le virement bancaire, plus sûr et tracé.

Le marché parallèle n'est-il pas plus avantageux pour apporter mes fonds ? Non, c'est un piège pour un investisseur. L'argent changé au parallèle n'est pas tracé : vous perdez la preuve d'importation des devises, donc votre droit de rapatrier vos bénéfices. C'est aussi illégal et plus surveillé. Pour investir, passez toujours par la banque.

Quel impôt sur mes dividendes avant de les transférer ? Les dividendes distribués subissent une retenue à la source, prélevée par la société au moment du versement. Le taux peut évoluer (tendance 2026 plutôt à la baisse pour encourager l'investissement). Faites confirmer le taux à jour par la Direction Générale des Impôts ou votre comptable, et pensez aux conventions fiscales pour éviter une double imposition.

Faut-il une autorisation de la Banque d'Algérie pour transférer mes bénéfices ? Pour un investissement clairement financé en devises et bien documenté, le transfert s'exécute en principe via votre banque sur justificatifs. Mais pour certaines activités « mixtes » ou montages particuliers, une autorisation préalable de la Banque d'Algérie peut être nécessaire. Faites valider votre situation par écrit avant d'investir.


Sources officielles

  • Banque d'Algérie (bank-of-algeria.dz) : réglementation des changes, rôle des banques et intermédiaires agréés dans l'exécution des transferts (dividendes, bénéfices, produit de cession), principe de garantie de transfert pour les investissements financés en devises, non-convertibilité libre du dinar.
  • AAPI — Agence Algérienne de Promotion de l'Investissement (aapi.dz, invest.gov.dz) : cadre de l'investissement étranger et garanties accordées aux investisseurs.
  • CNRC — Centre National du Registre du Commerce (cnrc.dz) : création de la société support de l'investissement.
  • Direction Générale des Impôts (mfdgi.gov.dz) : fiscalité des dividendes, retenue à la source, conventions fiscales internationales.

Dernière vérification : 26/05/2026. La réglementation des changes et la fiscalité algériennes évoluent fréquemment (taux de retenue, conditions de transfert, seuils de déclaration). Les taux de change cités sont indicatifs et non « live ». Avant tout engagement financier, faites valider votre montage par votre banque algérienne, un comptable et, si besoin, la Banque d'Algérie ou la DGI.

Guides liés : « Investir dans le tourisme en Algérie : ouvrir un hôtel ou un gîte », « Créer une entreprise ou investir en Algérie depuis la diaspora », « Envoyer de l'argent en Algérie ».

— La rédaction Bledz

Rédigé par La rédaction Bledz · Vérifié le 26 mai 2026·Une question, une erreur ? contact@bledz.fr
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  1. La règle à retenir avant tout : devises ≠ dinars
  2. Étape 1 — Apporter vos devises proprement (et les tracer)
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  4. Étape 3 — La fiscalité avant le transfert (les dividendes)
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  9. Questions fréquentes
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